Rencontrez nos artisans : les graphistes Vincent Perez et Benjamin Nelson

By Tianna Edwards

Après une entrevue avec les concepteurs graphiques locaux Vincent Perez (Everlovin’ Press) et Benjamin Nelson (Benjamin Nelson Design), je comprends pourquoi des artistes aussi talentueux ont choisi Kingston pour établir leurs entreprises. Au bout de 30 minutes de conversation avec ces deux hommes détendus, généreux et chaleureux, on a déjà l’impression qu’ils sont nos amis. Ils expriment le charme de Kingston. Découvrons pourquoi les créateurs choisissent Limestone City, la « ville du calcaire ».

Vincent Perez – Everlovin’ Press
Photo by Scott Adamson
Photo : Scott Adamson

J’ai rendez-vous avec Vincent Perez dans un salon Farm to Fashion (« de la ferme à la mode ») organisé par Fête Events. Il a suggéré qu’on se rencontre là plutôt que dans café (Fête est l’un de ses clients), et l’endroit est parfait pour notre entrevue. Bruit des verres qui trinquent, des conversations animées, ambiance conviviale… ce lieu magnifique et plaisant convient tout à fait, étant donné le travail de Perez comme concepteur.

Originaire de Kitchener-Waterloo, Vincent Perez est venu à Kingston pour étudier et, comme beaucoup d’autres, il a fini par s’intégrer à la communauté : « Je ne suis pas toujours resté à Kingston depuis, par exemple j’ai fait des études à Halifax, mais je suis revenu ici parce que j’avais l’impression d’y avoir du soutien. » Il ajoute : « J’apprécie beaucoup le caractère spécial de cette ville. J’ai trouvé très facile de m’y intégrer et d’y rencontrer plein de monde. »

Perez a mis sur pied son entreprise typographique Everlovin’ Press à Kingston il y a sept ans, mais il explique que sa clientèle n’est pas seulement locale. « Je fais beaucoup de travail pour des clients d’ailleurs. Kingston est ma base, le loyer y est abordable et la situation géographique est excellente, entre les grandes villes d’Ottawa, Montréal et Toronto, où se trouvent beaucoup de mes clients. »

Alors pourquoi la presse typographique, pensez-vous ? Cette technique est assez unique et très rétro. « L’imprimerie, explique M. Perez, est arrivée à une sorte de perfection recherchée depuis toujours. L’offset numérique est parfaitement régulier et merveilleusement détaillé, c’est certain. Nous sommes habitués à cela aujourd’hui, et c’est fantastique, mais je pense que nous souhaitons faire un retour en arrière, que nous voulons revenir à quelque chose d’imparfait, comme teinté d’erreur humaine. »

En plus de la satisfaction qu’il tire du suivi d’un projet du début à la fin, il aime le travail physique qu’exige la presse manuelle, dans un monde où tant de gens mènent une vie sédentaire. « C’est très agréable de transpirer et d’être physiquement épuisé au lieu d’être juste mentalement abattu. Cette réalité était absente de ma vie auparavant, et j’ai remarqué la même chose chez des collègues qui travaillaient sur ordinateur et qui se sont réorientés vers du travail fait à la main. »

Découvrez le travail de Vincent Perez sur le site everlovinpress.com.

Benjamin Nelson

bnelson

J’ai rendez-vous avec Benjamin Nelson pour prendre une bière au Toucan, où je le trouve installé sur une banquette dans le coin avec un cadeau pour moi (même s’il ne m’a jamais rencontrée !) : un journal (intime !) décoré de chevrons orange vif et doré. « Mais comme vous êtes généreux ! », lui dis-je, un peu surprise. « Pas vraiment », répond-il.

Nelson est non seulement un concepteur graphique, mais il fait aussi partie du duo PS I Love You qui a fait des tournées jusqu’à Tokyo, pourtant il a choisi Kingston pour élire domicile. « Je pense que c’est parce que je suis très casanier, avoue-t-il. J’aime être chez moi et j’aime me trouver dans un espace confortable. La communauté est dynamique, et j’entretiens des liens artistiques et musicaux avec nombre de ses membres. » En effet, il coopère avec beaucoup d’artistes dans la communauté, dont Vincent Perez et Julian Berry de chez Ironclad.

Nelson fait également de la conception pour Paper Bag Records, une chose qu’il avait toujours voulu faire : « Quand j’ai commencé à faire des affiches à 23 ans, j’avais le goût de travailler comme graphiste principal pour une maison de disques. L’an dernier, j’ai pu me dire : “Voilà, tu le fais maintenant !” Ça m’a fait plaisir. » Il est fier d’intégrer un brin de nostalgie dans ses œuvres et d’employer des styles graphiques rétro.

Tout jeune, il s’est grandement inspiré des designs iconiques des années 1990, tels que les logos de Ghostbusters et des Blue Jays. « Le logo des Blue Jays est le meilleur en son genre, avec la meilleure combinaison de couleurs », déclare-t-il. En deux mots, pour Benjamin Nelson, c’est tout simple : il aime ce qu’il fait. « C’est satisfaisant de voir une idée qui a germé dans son cerveau devenir une œuvre imprimée, sur papier relié. Observer le processus du début à la fin est extrêmement gratifiant. »

Découvrez le travail de Benjamin Nelson sur le site bnelsonartdesign.com.